Le Soleil des Scorta – Laurent Gaudé

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Fiche PAC :

Livre : 2/6

Menu : Automne Douceur de Vivre

Catégorie : La feuille d’automne emportée par le vent, en rondes monotones, tombant, tourbillonnant.

Résumé  :

Parce qu’un viol a fondé leur lignée, les Scorta sont nés dans l’opprobre. A Montepuccio, leur petit village d’Italie du sud, ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riches. Mais ils ont fait voeu de se transmettre, de génération en génération, le peu que la vie leur laisserait en héritage. Et en dehors du modeste bureau de tabac familial, créé avec ce qu’ils appellent « l’argent de New York », leur richesse est aussi immatérielle qu’une expérience,. un souvenir, une parcelle de sagesse, une étincelle de joie. Ou encore un secret. Comme celui que la vieille Carmela — dont la voix se noue ici à la chronique objective des événements — confie à son contemporain, l’ancien curé de Montepuccio, par crainte que les mots ne viennent très vite à lui manquer.

Avis :

Un véritable coup de coeur.

La découverte d’un écrivain que je ne suis pas prête de lâcher.

Un profond amour pour ce roman.

Je pense que mes mots ont été clairs (on ne peut mieux exprimer mon exaltation face à cette lecture) mais j’aimerais davantage développer tout de même.

Je ne connaissais que très peu Laurent Gaudé. Pour tout vous dire, j’ai découvert son existence lorsque mon frère a passé son bac de français. Après son examen, il nous dit que cela ne s’est pas très bien passé et qu’en plus personne ne connaissait cet auteur, un certain Laurent Gaudé. J’avoue que je ne connaissais pas non plus… Mes parents ont alors été réellement choqués : « Non mais quoi ? On a tous ses bouquins ! Venez voir dans la bibliothèque ». Effectivement, j’avais vécu avec tous les Laurent Gaudé sans même le savoir. Pour autant, je n’ai pas souhaité en lire tout de suite.

Cette année, lors du marathon des mots (je vous en ai parlé ici) à Toulouse, Laurent Gaudé était un des invités et faisait plusieurs manifestations dont une lecture du Soleil des Scorta. J’ai sauté sur l’occasion pour proposer à une copine qui est la fan n°1 de cet auteur de m’accompagner. Elle était ravie. Nous avons donc été au point de rendez-vous : la médiathèque de Colomiers. C’était un moment très poétique. Pour la première fois de ma vie, j’entendais un auteur lire son roman.

Don Giorgio nous a menés jusqu’au port et nous avons embarqué sur un de ces paquebots construits pour emmener les crève-la-faim d’un point à un autre du globe, dans de grands soupirs de fioul. Nous avons pris place sur le pont au milieu de nos semblables. Miséreux d’Europe au regard affamé. Familles entières ou gamins esseulés. Comme tous les autres, nous nous sommes tenus par la main pour ne pas nous perdre dans la foule. Comme tous les autres, la première nuit, nous n’avons pu trouver le sommeil, craignant que des mains vicieuses ne nous dérobent la couverture que nous nous partagions. Comme tous les autres, nous avons pleuré lorsque l’immense bateau a quitté la baie de Naples. « La vie commence« , a murmuré Domenico.

Carmela Scorta à Don Salvatore, Partie III, Le Retour des Miséreux 

Le moment était unique et très beau. Il choisi le chapitre où les enfants Scorta vont en Amérique. Lorsqu’il s’est arrêté de lire, j’ai de suite voulu savoir la suite. Je me suis alors, évidemment, achetée Le Soleil des Scorta (qui a gagné le Prix Goncourt).

Ayant plusieurs lectures en cours, je n’ai pas trouvé le temps de continuer cette magnifique lecture. Mais j’ai profité du Pumpkin Autumn Challenge pour le lire car sa couverture a des couleurs automnales. Je n regrette rien. Je crois même que c’est devenu un de mes romans préférés.

Le fil conducteur de l’histoire est le poids de l’héritage : financier et moral. L’importance de faire partie d’une famille et comment cette importance prend le dessus. Laurent Gaudé nous parle de cette famille qui s’est construite sur un malentendu. Une famille qui finalement n’aurait pas dû exister. Et pourtant, c’est ça qui fait leur force. Je me suis profondément attachée à la fille : Carmela Scorta. Elle est celle qui fait tenir cette lignée.

Laurent Gaudé utilise des mots italiens et nous fait voyager. Il parle des plats, des paysages, des odeurs. On se croirait vraiment avec eux. A tel point que par moment, j’avais le sentiment de faire partie, moi aussi, de cette famille.

En conclusion, je vous conseille fortement de le lire, je doute que vous soyez déçus. Vous aimerez et détesterez cette famille mais vous ne voudriez plus jamais la quitter. Je pense que Laurent Gaudé deviendra l’un de mes auteurs fétiches. Dès que j’aurais fini le PAC et le Roman des étudiants, je lirais un autre de ses romans.

Note : ★★★★★ x 1000

Vous l’avez lu et vous avez été aussi bouleversé que moi ? Ou alors il ne vous a pas fait cet effet ? Vous êtes tenté ? N’hésitez pas à me le dire en commentaire 😉

Léa

Chanson douce – Leïla Slimani

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Résumé :

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.

Mon avis :

Noël 2016, mes parents m’offrent ce livre. J’en avais déjà entendu parlé vu qu’il avait remporté le prix Goncourt mais étant en pleine période de partiels, je n’y avais pas réellement prêté attention. Pendant que je lisais la quatrième de couverture, mes parents me disent qu’ils ont tout de suite pensé à moi car il s’agit d’une avocate qui embauche une babysitter et je suis actuellement en master 2 de droit et travaille à côté en tant que nounou. J’ai été touchée mais j’ai vite déchanté en lisant la première phrase du roman :

Le bébé est mort.

Aussi simple que ça : sujet verbe complément. [Ça ne vous rappellerait pas par hasard un certain roman qui commence par : « Aujourd’hui, maman est morte. » Bref, ce n’est pas le sujet mais ce sont, en tout cas, deux livres que j’ai beaucoup aimés.]

J’espérais donc ne pas avoir la même vie que ces personnages !

Avec cet incipit brut, Leïla Slimani nous dévoile la chute et je m’étais dit que ça pouvait être à double tranchant : soit très décevant car on connaissait déjà la fin soit génial car elle saurait rendre l’histoire intéressante car le reste du récit est une analepse qui nous amène jusqu’au jour du drame. En tout cas, ça avait piqué ma curiosité. J’ai donc commencé à lire le livre à 10 heures un dimanche pour le finir à 16 heures…

C’est d’abord l’histoire d’une famille bobo parisienne où, après la naissance de leur deuxième enfant, la mère veut retrouver son travail d’avocate. Or, son mari est monopolisé par son travail et il faut donc engager une nounou pour s’occuper des deux enfants. Ils font un casting et tombent sur Louise. Ils sont de suite conquis et l’engagent. Elle a tout pour faire une bonne babysitter et n’importe quel parent en serait ravi mais, peu à peu, la dépendance s’instaure : elle part en vacances avec eux, elle reste dormir et finalement, ils ne peuvent plus s’en passer et c’est Louise qui passe la plupart de son temps avec les enfants. On le voit dans le récit où les parents sont quasi-absents. Et petit à petit, tout devient gênant : la baby-sitter omniprésente, les parents absents, leur dépendance, etc.

Leïla Slimani a su instaurer cette gêne, cette oppression. Je me souviens l’avoir lu et m’être sentie tellement dérangée (cf. la scène du poulet pour ceux qui l’ont lu) que j’ai du poser le livre quelques minutes. Ce qui est étonnant c’est qu’on connaît très peu de choses sur cette femme, Louise, et ça en devient insupportable. Peu de livres m’ont mise dans des états comme ça. On remet en question nos perceptions et les images que les gens nous renvoient. Car c’est bien ça dont il est question ici : quelle image reflète-t-on aux yeux des autres ? Ce qui m’a fait peur c’est que cette Louise est totalement dérangée et elle le cache si bien même si l’autrice nous dévoile, par des actes, sa folie. Et, finalement, on se dit qu’on aurait pu facilement se retrouver à la place des parents.

J’ai donc été conquise et emprise par le livre. Mais passé cette euphorie, j’ai été déçue à la fin. J’ai été laissée avec un goût amer. Je n’ai aucune réelle explication mais c’est une sensation. Peut-être parce qu’on reste sur des questions, peut-être que même en sachant la fin, je m’attendais à autre chose inconsciemment..? Je n’en sais rien. Finalement, je m’étais trompée ce n’était ni totalement décevant ni totalement génial. Ce qui est dommage car j’ai trouvé ça génial jusqu’à ma déception à la fin.

En attendant, je conseille ce livre malgré la déception finale car on en devient addict dès les premières pages et que surtout il vient de sortir en format poche !

Note : ★★★☆☆

Vous l’avez lu ? Si oui, avez-vous ressenti cette déception aussi ? Je serais ravie de lire vos commentaires 😉

Léa