La Mort du roi Tsongor – Laurent Gaudé

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Résumé :

Au coeur d’une Afrique ancestrale, le vieux Tsongor, roi de Massaba, souverain d’un empire immense, s’apprête à marier sa fille. Mais au jour des fiançailles, un deuxième prétendant surgit. La guerre éclate : c’est Troie assiégée, c’est Thèbes livrée à la haine. Le roi s’éteint mais ne peut reposer en paix dans sa cité dévastée. A son plus jeune fils, Souba, échoit la mission de parcourir le continent pour y construire sept tombeaux à l’image de ce que fut le vénéré — et aussi le haïssable —roi Tsongor.

Mon avis :

Comme je l’avais dit dans ma chronique sur Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé est un auteur qui m’a énormément plu, c’est pour cela que j’avais envie de lire un autre de ses ouvrages et pas l’un des moins connus : La Mort du roi Tsongor.

La Mort du roi Tsongor est différent du Soleil des Scorta en ce qui concerne le contexte, la période et l’univers. Nous sommes ici au coeur d’une Afrique ancestrale et non plus en Italie du XXème siècle. Cependant, on y retrouve des thèmes qui sont chers à l’auteur : la famille et le poids de l’héritage. En effet, on rencontre Tsongor, le père de famille qui est aussi le roi guerrier de tous les continents conquis aux alentours. Cet homme s’occupe des siens et doit notamment marier son unique fille, Samilia. Il lui a promis un beau prince qui, s’avère, être en concurrence avec un orphelin que Tsongor a éduqué lorsqu’il était jeune. Sentant que la guerre va éclater sans qu’il ne s’y soit préparé, il met fin à ses jours et laisse la fratrie dans cette situation. L’un d’eux, le plus jeune, va devoir construire sept tombeaux au nom de son père comme il lui a promis et les autres vont subir la guerre que leur père leur a léguée.

Cependant, un thème encore plus fort est ressorti selon moi, celui du pouvoir des mots. En effet, chacun des personnages « subit » son existence suite à une promesse faite et cherche à ne jamais échouer à la parole donnée. Tout d’abord, le porteur du tabouret d’or, ou plutôt le bras droit du roi, Katabolonga, a promis que ce serait lui qui mettrait fin aux jours du roi et c’est pour cela qu’il est toujours resté aux côtés de Tsongor, le jeune frère a promis qu’il construirait les sept tombeaux pour son père et va agir ainsi jusqu’à l’achèvement de sa mission, l’orphelin souhaite épousé Samilia car il le lui a promis lorsqu’ils étaient enfants et, il doit y avoir encore quelques exemples que j’oublie. Mais ce poids des mots et leur importance a été le fil directeur de ma lecture et m’a réellement emportée.

Ce deuxième roman que je lis de l’auteur a confirmé ce que j’avais ressenti, il a une écriture très poétique, un univers à lui, une mise en contexte parfaite, une délicatesse dans les propos et, malgré des questions essentielles et difficiles qu’il peut poser, comme celui de l’héritage et même des guerres, il nous emmène dans une histoire douce où il  y mêle du fantastique mais de façon très légère. En effet, même si l’histoire commence par la mort du roi Tsongor, celui-ci reste parmi nous grâce à Katabolonga qui sait parler aux morts…

Je vais donc continuer à lire Laurent Gaudé qui ne cesse de m’épater.

Note : ★★★★★

Connaissez-vous Laurent Gaudé ? Avez-vous lu ses ouvrages ? Aimez-vous aussi ? 🙂

Léa

Le Soleil des Scorta – Laurent Gaudé

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Fiche PAC :

Livre : 2/6

Menu : Automne Douceur de Vivre

Catégorie : La feuille d’automne emportée par le vent, en rondes monotones, tombant, tourbillonnant.

Résumé  :

Parce qu’un viol a fondé leur lignée, les Scorta sont nés dans l’opprobre. A Montepuccio, leur petit village d’Italie du sud, ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riches. Mais ils ont fait voeu de se transmettre, de génération en génération, le peu que la vie leur laisserait en héritage. Et en dehors du modeste bureau de tabac familial, créé avec ce qu’ils appellent « l’argent de New York », leur richesse est aussi immatérielle qu’une expérience,. un souvenir, une parcelle de sagesse, une étincelle de joie. Ou encore un secret. Comme celui que la vieille Carmela — dont la voix se noue ici à la chronique objective des événements — confie à son contemporain, l’ancien curé de Montepuccio, par crainte que les mots ne viennent très vite à lui manquer.

Avis :

Un véritable coup de coeur.

La découverte d’un écrivain que je ne suis pas prête de lâcher.

Un profond amour pour ce roman.

Je pense que mes mots ont été clairs (on ne peut mieux exprimer mon exaltation face à cette lecture) mais j’aimerais davantage développer tout de même.

Je ne connaissais que très peu Laurent Gaudé. Pour tout vous dire, j’ai découvert son existence lorsque mon frère a passé son bac de français. Après son examen, il nous dit que cela ne s’est pas très bien passé et qu’en plus personne ne connaissait cet auteur, un certain Laurent Gaudé. J’avoue que je ne connaissais pas non plus… Mes parents ont alors été réellement choqués : « Non mais quoi ? On a tous ses bouquins ! Venez voir dans la bibliothèque ». Effectivement, j’avais vécu avec tous les Laurent Gaudé sans même le savoir. Pour autant, je n’ai pas souhaité en lire tout de suite.

Cette année, lors du marathon des mots (je vous en ai parlé ici) à Toulouse, Laurent Gaudé était un des invités et faisait plusieurs manifestations dont une lecture du Soleil des Scorta. J’ai sauté sur l’occasion pour proposer à une copine qui est la fan n°1 de cet auteur de m’accompagner. Elle était ravie. Nous avons donc été au point de rendez-vous : la médiathèque de Colomiers. C’était un moment très poétique. Pour la première fois de ma vie, j’entendais un auteur lire son roman.

Don Giorgio nous a menés jusqu’au port et nous avons embarqué sur un de ces paquebots construits pour emmener les crève-la-faim d’un point à un autre du globe, dans de grands soupirs de fioul. Nous avons pris place sur le pont au milieu de nos semblables. Miséreux d’Europe au regard affamé. Familles entières ou gamins esseulés. Comme tous les autres, nous nous sommes tenus par la main pour ne pas nous perdre dans la foule. Comme tous les autres, la première nuit, nous n’avons pu trouver le sommeil, craignant que des mains vicieuses ne nous dérobent la couverture que nous nous partagions. Comme tous les autres, nous avons pleuré lorsque l’immense bateau a quitté la baie de Naples. « La vie commence« , a murmuré Domenico.

Carmela Scorta à Don Salvatore, Partie III, Le Retour des Miséreux 

Le moment était unique et très beau. Il choisi le chapitre où les enfants Scorta vont en Amérique. Lorsqu’il s’est arrêté de lire, j’ai de suite voulu savoir la suite. Je me suis alors, évidemment, achetée Le Soleil des Scorta (qui a gagné le Prix Goncourt).

Ayant plusieurs lectures en cours, je n’ai pas trouvé le temps de continuer cette magnifique lecture. Mais j’ai profité du Pumpkin Autumn Challenge pour le lire car sa couverture a des couleurs automnales. Je n regrette rien. Je crois même que c’est devenu un de mes romans préférés.

Le fil conducteur de l’histoire est le poids de l’héritage : financier et moral. L’importance de faire partie d’une famille et comment cette importance prend le dessus. Laurent Gaudé nous parle de cette famille qui s’est construite sur un malentendu. Une famille qui finalement n’aurait pas dû exister. Et pourtant, c’est ça qui fait leur force. Je me suis profondément attachée à la fille : Carmela Scorta. Elle est celle qui fait tenir cette lignée.

Laurent Gaudé utilise des mots italiens et nous fait voyager. Il parle des plats, des paysages, des odeurs. On se croirait vraiment avec eux. A tel point que par moment, j’avais le sentiment de faire partie, moi aussi, de cette famille.

En conclusion, je vous conseille fortement de le lire, je doute que vous soyez déçus. Vous aimerez et détesterez cette famille mais vous ne voudriez plus jamais la quitter. Je pense que Laurent Gaudé deviendra l’un de mes auteurs fétiches. Dès que j’aurais fini le PAC et le Roman des étudiants, je lirais un autre de ses romans.

Note : ★★★★★ x 1000

Vous l’avez lu et vous avez été aussi bouleversé que moi ? Ou alors il ne vous a pas fait cet effet ? Vous êtes tenté ? N’hésitez pas à me le dire en commentaire 😉

Léa