Quartier lointain – Jirō Taniguchi

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Résumé :

Qui n’a jamais rêvé de retourner en enfance ? C’est exactement ce qui arrive à cet homme mûr, qui de retour d’un voyage d’affaires, fait un détour par sa ville natale, pour se recueillir sur la tombe de sa mère. Il est alors projeté dans le passé, où il revit une journée de son enfance, tout en gardant son caractère et son expérience d’adulte. Pour la première fois, il verra ses parents avec le regard de quelqu’un à même de comprendre.

Mon avis :

Adolescente, je lisais beaucoup de Shōjo (manga pour jeunes filles) avec mon amie amoureuse du Japon. En grandissant, je ne lisais plus trop de manga mais l’envie m’ait revenue il y a deux ans lorsque je suis allée voir l’animé Your Name de Makoto Shinkai . J’ai alors demandé à ma copine de me conseiller un manga qui serait susceptible de me plaire. Sans hésiter elle m’a dit : « Lis du Taniguchi, n’importe lequel ! ». Je ne connaissais pas du tout.

Je me suis alors rendue dans une librairie spécialisée en BD/manga et j’ai feuilleté tous ses ouvrages. Quartier lointain me faisait de l’oeil. La vendeuse en passant m’a dit que c’était un très bon choix. C’était tout décidé : je l’ai acheté !

Le manga est divisé en deux tomes. Certaines éditions les ont publiés ensemble et d’autres séparément. La librairie ne possédait pas l’intégrale, j’ai donc acheté la version divisée.

Je ne vais pas passer par quatre chemins : il m’a suffit d’une soirée pour lire l’intégralité des deux tomes. Certes, c’est un manga et ça se lit relativement vite mais, surtout, l’histoire est à couper le souffle. Le personnage principal, Hiroshi, est un homme banal d’une quarantaine d’années, monopolisé par son travail et son quotidien. En se trompant de train, il atterri dans on village natal où il décide, après tant d’années, de se recueillir sur la tombe de sa mère. Quelque chose d’étrange se passe : il se réveille avec son corps d’enfant de 14 ans et sa conscience d’homme de 40 ans. Il comprend très vite qu’il est renvoyé quelques mois avant le départ de son père pour lequel il ne l’a jamais pardonné.

C’est alors qu’il croit être renvoyé pour sauver sa famille, la laisser souder et refaire l’enfance qu’il désirait tant. Au fil de l’histoire, on s’aperçoit qu’il voit son adolescence tout à fait différemment : l’école est passionnante, être près de sa famille c’est chouette, tous les défauts de son enfance ne sont pas si terribles. Ses parents, et notamment son père, ne sont pas si horribles… Il comprend des comportements, des mots, des choses qu’il n’aurait jamais pu saisir à 14 ans.

Il n’est pas là pour sauver sa famille, il est là pour se sauver : comprendre, pardonner, et s’améliorer.

C’est un manga très poétique et d’une extrême justesse qui nous pose des questions sur nos propres perceptions, nos interrogations et notre regard d’enfant.

Je le conseille à tout le monde, même à ceux qui ne sont pas adeptes du format manga puisque je l’ai offert à mon père qui a tout simplement adoré !

Note : ★★★★★

Vous l’avez lu ? Avez-vu le film ? Dites moi ce que vous en avez pensé en commentaire 😉

Léa

Le marathon des mots 2018

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Ce week-end, j’ai participé à l’événement incontournable des littéraires : le marathon des mots !

Le marathon des mots

Le marathon est un festival international de littérature qui a été créé en 2005 par Olivier Poivre d’Arvor et Olivier Gluzman. Il est aujourd’hui programmé et dirigé par Serge Roué et Dalia Hassan.
Cet événement se déroule à Toulouse, chaque année, durant le mois de juin sur 4 jours dans divers endroits : librairies, théâtres, centres culturels, maisons de quartiers. Il est l’une des manifestations littéraires les plus importantes en France car y a plus de 150 rendez-vous littéraires avec des débats, des lectures, des cafés littéraires, des rencontres et des spectacles.
Il met à l’honneur des écrivains et des artistes du monde entier. En effet, des écrivains et intellectuels sont invités pour des lectures, des rencontres et des forums.
Tous les ans, deux thèmes sont consacrées. L’un est sur un pays ou un territoire littéraire, l’autre est dédié aux écritures de l’intime qui est intitulé « Un monde en soi ». Les thématiques ont pour but d’inviter les spectateurs à rencontrer les grands auteurs et textes de la littérature française et étrangère.

Mon expérience

J’avais à coeur de vous raconter deux lectures qui m’ont particulièrement touchée.
La première était celle du Livre(s) de l’inquiétude de Fernande Pessoa par Denis Lavant.  J’ai pris ma place au dernier moment sans réfléchir. Et, sur le chemin pour y aller, j’ai commencé à avoir peur de m’y retrouver seule mais, finalement c’était une superbe expérience car je me suis retrouvé au dernier rang au milieu et je voyais la scène avec une vue imprenable. De plus, étant arrivée avec quelques minutes d’avance, j’ai pu avoir l’occasion de m’imprégner du lieu et l’apprécier puis la lecture a été faite au sein du magnifique théâtre du Capitole. Cette salle de théâtre était majestueuse. J’avais l’impression de me retrouver dans un des romans de Balzac lors des sorties théâtrales…
Le comédien a été remarquable. Je m’attendais à une lecture plutôt classique. Mais, Denis Lavant a choisi de vivre le livre, de nous le transmettre et de nous émouvoir. Seul sur scène, il a réussi à nous captiver, à nous faire rire et à nous retrouver dans cet ouvrage où Fernando Pesso se dévoile.
La deuxième est celle faite par Laurent Gaudé du Le Soleil des Scorta pour lequel il a remporté le Prix Goncourt de 2004.
J’ai invité une amie qui est une fan inconditionnelle de cet auteur. Pour ma part, je n’avais jamais lu l’un de ses bouquins (même si mes parents ont toute la collection dans leur bibliothèque…). C’était très émouvant de voir et entendre un auteur lire son livre à voix haute. Laurent Gaudé a une voix magnifique et très reposante et savait parfaitement où faire des pauses, où accentuer les mots. C’était un moment merveilleux. De plus, il a choisi de nous lire le chapitre 2 dans lequel la deuxième génération des Scorta part d’Italie pour l’Amérique où ils ne pourront pas accéder à ce pays et devront retourner en Italie. Ce choix fait naturellement écho à notre actualité…
J’ai tellement été captivée par l’histoire que j’ai fini par m’acheter le livre dès que je suis sortie!
Tu n’as pas pu assister au marathon des mots ? Ne t’en fais pas, une édition automnale (22-25 novembre) a été organisée : le marathon d’autonome. Cette année, l’événement est consacré aux écrivains néerlandais et néerlandophones.
Alors, on s’y retrouve ?
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Léa
Pour plus d’informations :
Site officiel : Marathon de mots
Instagram : @lemarathondesmots

Le mystère Henri Pick – David Foenkinos

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Résumé :

En Bretagne, un bibliothécaire décide de recueillir tous les livres refusés par les éditeurs. Ainsi, il reçoit toutes sortes de manuscrits. Parmi ceux-ci, une jeune éditrice découvre ce qu’elle estime être un chef-d’œuvre, écrit par un certain Henri Pick. Elle part à la recherche de l’écrivain et apprend qu’il est mort deux ans auparavant. Selon sa veuve, il n’a jamais lu un livre ni écrit autre chose que des listes de courses… Aurait-il eu une vie secrète ? Auréolé de ce mystère, le livre de Pick va devenir un grand succès et aura des conséquences étonnantes sur le monde littéraire. Il va également changer le destin de nombreuses personnes, notamment celui de Jean-Michel Rouche, un journaliste obstiné qui doute de la version officielle. Et si toute cette publication n’était qu’une machination?

Mon avis :

Un dimanche, en attendant mon grand-père à l’aéroport dont l’avion avait 3 heures de retard, je me baladais dans ce lieu et notamment à l’espace livre. Mes yeux sont tombés sur la collection poche des ouvrages de David Foenkinos. En effet, j’avais déjà lu et adoré Charlotte, je me suis donc dit que je pourrais en découvrir un nouveau… Je l’ai choisi pour sa taille (je voulais un livre assez court pour bien entamer la lecture pendant l’attente), pour sa couverture (le bleu de la bibliothèque me plaisait) et surtout pour son résumé (« recueillir tous les livres refusés par les éditeurs »).

Je n’ai pas du tout été déçue, je me suis plongée dans l’histoire sans voir le temps passé et sans jamais lever les yeux. David Foenkinos m’avait une nouvelle fois conquise.

J’ai d’abord apprécié sa façon d’écrire qui est douce, bienveillante et pédagogue. L’auteur nous prend par la main, nous explique chaque référence qu’il fait, nous interpelle, nous parle avec des mots simples mais pas simplistes. Je le remercie de nous faire participer dans cette lecture et de nous accompagner.

Ensuite, j’ai beaucoup aimé l’histoire en elle-même. Quand on apprécie le milieu des livres (l’édition, les bibliothèques, les lecteurs, les auteurs), on ne peut être que conquis. L’histoire raconte comment un livre peut bouleverser ce monde. Mais c’est aussi construit comme une enquête, on cherche réellement qui est l’auteur du chef-d’oeuvre… Et, la réponse est surprenante, très satisfaisante et déroutante!

C’est donc, avec plaisir, que je vous conseille de le lire 😉

Note : ★★★★☆

Léa

Prix roman Fnac 2018

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Pour la 17ème édition du prix roman Fnac 2018, j’ai été sélectionnée pour être membre du jury. Ce prix récompense un roman pour la rentrée littéraire. La lauréate de l’année dernière est Véronique Olmi pour son roman Bakhita.

La Fnac sélectionne une quarantaine de livres qui sont ensuite répartis entre les différents membres du jury composés du personnel de la Fnac mais aussi de lecteurs amateurs. Ces derniers sont doivent être des adhérents au magasin et avoir rempli un formulaire de candidature.

J’ai donc reçu 5 manuscrits qui n’ont pas été encore publiés. Je vais devoir rendre des fiches de lecture en donnant une note à chacun des ouvrages avant le 6 juillet 2018.

Je ne peux pas en dire plus car je suis tenue à une clause de confidentialité… Mais, je peux vous assurer que j’ai déjà lu des petites pépites et qu’à la rentrée, je publierai des chroniques sur chacun d’eux.

A bientôt pour les prochaines chroniques sur ce sujet…!

Léa

Marie-Antoinette – Stefan Zweig

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Résumé :

Qui était Marie-Antoinette, faite, l’année de ses quinze ans et par raison d’État, reine de France ? Une débauchée futile piégée dans l’affaire du collier ? La pire ennemie de la Révolution ? Une sainte pour la Restauration ? Marie-Antoinette rétablit la courbe d’un destin obscurci par la passion ou la honte posthumes. Zweig analyse la chimie d’une âme qui, sous le poids du malheur et de l’Histoire, se révèle à elle-même et se rachète, passant de l’ombre de la jouissance à la lumière de la souffrance. Par la main du grand écrivain autrichien, nous suivons une reine de la chambre de son «nonchalant mari», Louis XVI, jusqu’au lit de la guillotine. Quel voyage et quelle histoire !

Mon avis :

Si mon premier article du blog est sur cette biographie, ce n’est pas pour rien… J’ai eu un énorme coup de coeur pour cette oeuvre.

Je ne suis pas particulièrement adepte du genre littéraire qu’est la biographie mais lors de mon année en Hypohâgne, nous avons étudié le Royaume de France de 1715 au début de la Révolution. Et, je me suis trouvée une passion pour cette période. C’est donc avec plaisir que j’ai voulu lire cet ouvrage de Stéfan Zweig.

L’auteur arrive à nous plonger dans cette époque et à raconter son histoire comme un vrai roman. Je ne me suis pas ennuyée une seule fois, je le recommande à toute personne qui s’intéresse un peu au personnage de Marie-Antoinette et même qui ne la connaît pas beaucoup.

De plus, ce qui est agréable c’est le style d’écriture de Stefan Zweig et son avis assez neutre. Il n’excuse pas les actes de la Reine ni ne les condamne. Il raconte l’Histoire et nous laisse avoir notre propre avis…

Vous l’aurez compris, je vous le recommande vivement !

Note : ★★★★★

Léa