Le parfum de l’hellébore – Cathy Bonidan

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Titre VF : Le parfum de l’hellébore
Autrice : Cathy Bonidan
Editeur : Points
Date de publication : 10 janvier 2019
Genre : Fiction
Format : Papier
Nombre de pages : 312 pages
Prix : 7,50€

Résumé :

Anne a été envoyée à Paris pour travailler dans le centre psychiatrique que dirige son oncle. Au début des années soixante, les traitements en sont encore à leurs balbutiements. Anne observe le comportement étrange d’un jeune garçon de 11 ans, Gilles, que tout le monde surnomme « le débile ». Elle envoie ses impressions à sa meilleure amie au travers de lettres clandestines. Pourquoi leur correspondance est-elle interdite ? Et pourquoi Anne a-t-elle été forcée de s’éloigner des siens ?

Au centre, elle fait la rencontre d’une jeune anorexique, Béatrice, avec qui elle se lie d’amitié. Ensemble, elles remarquent ce que tout le monde semble ignorer : auprès du jardinier de l’hôpital, Gilles, qui est en réalité atteint d’autisme, cesse ses crises. Il prononce même ses premiers mots. Mais le monde psychiatrique en décidera autrement.

Des années plus tard, Sophie, étudiante en psychologie, tombe sur le journal de Béatrice et n’aura de cesse que de comprendre ce qui est arrivé à chacun. Pourquoi le journal de Béatrice s’arrête-t-il brutalement l’été de ses quatorze ans ? Qu’est devenu Gilles ? Anne et le jardinier parviendront-ils à sauver les deux enfants ?

Mon avis :

J’ai aujourd’hui à cœur de vous parler du premier livre de Cathy Bonidan, Le parfum de l’héllebore. Pour tout vous avouer je ne connaissais ni ce livre ni cette autrice mais en parlant à mon travail, une collègue m’a dit que cette lecture me plairait énormément car nous avons des goûts littéraires similaires et elle-même avait beaucoup aimé. J’ai bien fait de l’écouter car je suis allée cette semaine prendre son deuxième roman.

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Raison et sentiments – Jane Austen

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Titre VO :  Sense and sensibility
Titre VF : Raison et sentiments
Autrice : Jane Austen
Editeur : Editions Hauteville
Date de publication : 11 mars 2020 (1811)
Genre : Drame
Format : Papier
Nombre de pages : 456 pages
Prix : 6,90€

Résumé :

Elinor et Marianne Dashwood sont deux sœurs aux caractères bien différents. Privées de leur héritage à la mort de leur père, elles doivent quitter le Sussex en compagnie de leur cadette Margaret et de leur mère. Dans le Devon, elles ne tardent pas à s’habituer à leur désormais modeste quotidien au contact de leurs nouveaux voisins. Mais lorsqu’elles tombent amoureuses, Elinor et Marianne se retrouvent tiraillées entre ce que leur impose la raison et ce que leur dicte leur cœur.

Premier roman publié de Jane AustenRaison et Sentiments est considéré comme l’un des plus grands chefs-d’œuvre du XIXe siècle. Il annonçait déjà le talent de son autrice à brosser des galeries de personnages authentiques, et à peindre avec ironie et justesse les mœurs de son temps. Continuer la lecture de Raison et sentiments – Jane Austen

La jeune fille à la perle – Tracy Chevalier

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Résumé :

La jeune et ravissante Griet est engagée comme servante dans la maison du peintre Vermeer. Nous sommes à Delft, au dix-septième siècle, l’âge d’or de la peinture hollandaise. Griet s’occupe du ménage et des six enfants de Vermeer en s’efforçant d’amadouer l’épouse, la belle-mère et la gouvernante, chacune très jalouse de ses prérogatives.

Au fil du temps, la douceur, la sensibilité et la vivacité de la jeune fille émeuvent le maître qui l’introduit dans son univers. À mesure que s’affirme leur intimité, le scandale se propage dans la ville…

Mon avis :

Connaissant le tableau de Vermeer, la couverture m’a tout de suite attirée lorsque je me baladais dans une librairie. J’ai d’abord pensé qu’il s’agissait de la véritable histoire du modèle peint puis en me renseignant, j’ai appris que c’était un récit inventé de toutes pièces par l’autrice. Elle a toujours admiré les tableaux du peintre et cherché à savoir la réalité mais, n’ayant pas de réponse, elle a créé sa vérité pour notre plus grand bonheur !

Nous suivons donc le parcours de Griet qui, venant d’une famille pauvre, doit travailler comme servante et notamment faire le ménage dans l’atelier du peintre Vermeer. Le roman est divisé en quatre chapitres, 1664, 1665, 1666 et 1676, les trois premiers correspondent aux trois années de travail chez le peintre. Le dernier chapitre, se place dix ans plus tard.

Je ne peux pas dire m’être attachée à Griet car elle est très froide avec son entourage et ses employeurs, sauf avec Vermeer qu’elle admire énormément. En effet, dès les premières pages et lors de la rencontre avec la famille, elle met une gifle à une des filles de la maison, certes une enfant insupportable, mais ce geste était inattendu et ne m’a pas permis de totalement aimer Griet. Cependant, elle pose un regard juste et artistique sur ce qui l’entoure qui nous oblige à aguerrir notre propre oeil. Après cette lecture, j’ai eu le sentiment de m’attarder davantage sur les choses du quotidien, la nature et la beauté.

L’histoire a comme fil conducteur la peinture du portrait de Griet et, comme elle n’est que servante au début du livre, il faudra deux ans pour s’acclimater à cette famille, à répondre aux exigences du peintre, à essayer de le comprendre et qu’un riche de la région demande une peinture de cette jeune fille qui porte un turban pour qu’il se lance !  Les rapports entre le peintre et le modèle vont conduire à la perte de Griet mais aussi à sa prospérité. Il s’agit à la fois d’une décadence et d’un passage obligatoire pour s’affirmer.

La romancière écrit particulièrement bien car le roman est court mais tous les éléments importants sont bien exploités comme la perle qui est l’élément essentiel du roman et qui viendra cristalliser les passions et les haines. Les personnages sont très bien construits. J’ai notamment beaucoup apprécié Maria Thins, la belle-mère du peintre, qui est une femme forte, intelligente, dure, juste et terriblement perspicace.

Il s’agit donc d’un très bon roman que je conseille à tous ceux qui rêve de savoir ce qui a été imaginé par l’autrice…

Note : ★★★★☆

Connaissez-vous ce tableau ? Avez-vous lu le livre ou vu le film ? 🙂

Léa

La Mort du roi Tsongor – Laurent Gaudé

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Résumé :

Au coeur d’une Afrique ancestrale, le vieux Tsongor, roi de Massaba, souverain d’un empire immense, s’apprête à marier sa fille. Mais au jour des fiançailles, un deuxième prétendant surgit. La guerre éclate : c’est Troie assiégée, c’est Thèbes livrée à la haine. Le roi s’éteint mais ne peut reposer en paix dans sa cité dévastée. A son plus jeune fils, Souba, échoit la mission de parcourir le continent pour y construire sept tombeaux à l’image de ce que fut le vénéré — et aussi le haïssable —roi Tsongor.

Mon avis :

Comme je l’avais dit dans ma chronique sur Le soleil des Scorta, Laurent Gaudé est un auteur qui m’a énormément plu, c’est pour cela que j’avais envie de lire un autre de ses ouvrages et pas l’un des moins connus : La Mort du roi Tsongor.

La Mort du roi Tsongor est différent du Soleil des Scorta en ce qui concerne le contexte, la période et l’univers. Nous sommes ici au coeur d’une Afrique ancestrale et non plus en Italie du XXème siècle. Cependant, on y retrouve des thèmes qui sont chers à l’auteur : la famille et le poids de l’héritage. En effet, on rencontre Tsongor, le père de famille qui est aussi le roi guerrier de tous les continents conquis aux alentours. Cet homme s’occupe des siens et doit notamment marier son unique fille, Samilia. Il lui a promis un beau prince qui, s’avère, être en concurrence avec un orphelin que Tsongor a éduqué lorsqu’il était jeune. Sentant que la guerre va éclater sans qu’il ne s’y soit préparé, il met fin à ses jours et laisse la fratrie dans cette situation. L’un d’eux, le plus jeune, va devoir construire sept tombeaux au nom de son père comme il lui a promis et les autres vont subir la guerre que leur père leur a léguée.

Cependant, un thème encore plus fort est ressorti selon moi, celui du pouvoir des mots. En effet, chacun des personnages « subit » son existence suite à une promesse faite et cherche à ne jamais échouer à la parole donnée. Tout d’abord, le porteur du tabouret d’or, ou plutôt le bras droit du roi, Katabolonga, a promis que ce serait lui qui mettrait fin aux jours du roi et c’est pour cela qu’il est toujours resté aux côtés de Tsongor, le jeune frère a promis qu’il construirait les sept tombeaux pour son père et va agir ainsi jusqu’à l’achèvement de sa mission, l’orphelin souhaite épousé Samilia car il le lui a promis lorsqu’ils étaient enfants et, il doit y avoir encore quelques exemples que j’oublie. Mais ce poids des mots et leur importance a été le fil directeur de ma lecture et m’a réellement emportée.

Ce deuxième roman que je lis de l’auteur a confirmé ce que j’avais ressenti, il a une écriture très poétique, un univers à lui, une mise en contexte parfaite, une délicatesse dans les propos et, malgré des questions essentielles et difficiles qu’il peut poser, comme celui de l’héritage et même des guerres, il nous emmène dans une histoire douce où il  y mêle du fantastique mais de façon très légère. En effet, même si l’histoire commence par la mort du roi Tsongor, celui-ci reste parmi nous grâce à Katabolonga qui sait parler aux morts…

Je vais donc continuer à lire Laurent Gaudé qui ne cesse de m’épater.

Note : ★★★★★

Connaissez-vous Laurent Gaudé ? Avez-vous lu ses ouvrages ? Aimez-vous aussi ? 🙂

Léa

Autant en emporte le vent (tome 1)- Margaret Mitchell

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Résumé :

En pleine guerre de Sécession, la ravissante et très déterminée Scarlett O’Hara voit le bel avenir qui lui était réservé à jamais ravagé. Douée d’une énergie peu commune, elle va se battre sur tous les fronts, dans la Géorgie en feu, pour sauver la terre et le domaine paternels : Tara.

Ses amours ? Le fragile et distingué Ashley Wilkes et Rhett Butler, forceur de blocus et séduisante canaille, attiré par Scarlett parce qu’elle n’a pas plus de scrupules que lui…

Amours romantiques, violentes, impossibles, rythment ce grand moment de l’histoire américaine, le drame du Sud.

Mon avis :

Un classique qui se trouvait dans ma bibliothèque depuis au moins 5 ans mais qui ne m’avais jamais spécialement attiré. Je crois, cependant, qu’il faut toujours lire un livre seulement quand celui-ci vient à nous, pas avant ! C’est donc, par hasard, que je l’ai récupéré dans mon appartement toulousain et ai commencé à le lire car il me donnait envie.

Je ne vais pas tourner autour du pot : j’ai adoré. J’ai lu beaucoup de bons livres ces derniers temps mais cela faisait quelques années que je n’avais pas ressenti un plaisir aussi immense que lors de cette lecture. Dès que je ne pouvais pas lire, je pensais à lire, dès que je lisais j’essayais de retarder au maximum la fin…. J’avais envie d’être avec ces personnages le plus longtemps possible.

D’abord, l’autrice a une magnifique plume qui permet d’entrer l’univers très rapidement. Elle nous dépeint la vie de Scarlett, une jeune fille très énergique, séduisante et qui, malgré son manque d’intérêt pour tout ce qui nous tourne pas autour d’elle, a une vision assez juste des gens qui l’entoure. Elle est très attachante, drôle (à plusieurs reprises je me suis retrouvée à rire de ce qu’elle pouvait penser) mais peut être fatiguante. L’essentiel est qu’elle est vraie et elle-même n’en déplaise certains…

Dès ce premier tome, elle fait la rencontre du fameux Butler… Même si rien ne se passe entre eux, la tension est palpable et face et nous souhaitons qu’ils se retrouvent le plus rapidement possible. Il est à la fois exécrable et séduisant, crapule et distingué et Scarlett ne le laisse pas tout à fait charmée mais nous savons qu’elle va forcément succomber…

Tout cette histoire se passe durant la guerre de Sécession. Même si j’avais quelques notions de cette guerre, je ne connaissais finalement pas grand chose. J’ai donc fait des recherches et il s’avère que l’autrice maîtrise totalement cette période et nous la fait ressentir parfaitement du point de vue sudiste. Je suis donc ressortie de cette lecture avec de nombreuses connaissances sur le sujet.

Il n’y aucun doute, il fait parti de mes livres favoris. Il me tarde donc de lire les tomes suivants……!

Note : ★★★★★★★★★★★★ !!!!

Avez-vous déjà lu ce classique ? L’avez-vous apprécié ? Dites-moi tout en commentaire 🙂

Léa

Si ce livre pouvait me rapprocher de toi – Jean-Paul Dubois

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Résumé :

Une fois son treizième livre achevé, alors que sa femme l’a quitté et que son chien est enterré, Paul Peremülter remet en question sa vocation d’écrivain. Pour fuir sa vie ratée, il part en voyage. Ce périple, qui le conduit en Floride où Paul travaille comme chauffeur pour un milliardaire paranoïaque, dans les Everglades où il pilote les touristes dans un air boat, auprès d’un homme d’affaires new-yorkais désabusé, se termine dans la forêt québécoise, au bord du lac où son père s’est noyé en pêchant. La fuite devient vite quête d’identité, qui révèle à Paul des choses troublantes sur son passé, sur lui-même, sur son père. Cette recherche intérieure d’un fils de dentiste et de vendeuse de bonbons est aussi prétexte à une série de portraits, ceux des nombreux personnages originaux qu’il rencontre. Comme son protagoniste, Jean-Paul Dubois, reporter au Nouvel Observateur, est né à Toulouse, et il a écrit treize livres avant celui-ci.

Mon avis :

Avant de donner mon avis, je voulais m’excuser pour cette absence de plusieurs mois. Entre les partiels et ma nouvelle vie parisienne, j’ai peu trouvé de temps pour moi et notamment pour écrire sur les livres que je lisais (ou pas, car même plus de temps pour lire). Je suis donc ravie de revenir aujourd’hui avec ce roman de Jean-Paul Dubois !

C’est la deuxième oeuvre de cet auteur que je lis et, je peux vous dire que j’ai passé un très bon moment et que je l’ai même préféré au premier (La succession). Je ne sais pas si c’est le cas pour tous ses romans (dites-moi si vous le savez) mais j’ai retrouvé le même thème dans les deux livres que j’ai lus : la quête, pour le protagoniste, de connaître mieux son père mort il y a peu de temps afin de comprendre qu’il est lui-même vraiment. Je précise d’emblée le sujet car je trouve que le titre du roman peut porter à confusion et peut sembler parler d’une histoire romantique alors que ce n’est pas du tout le cas.

Nous suivons donc Paul qui vient de perdre son père. Il est attachant et parfois déconcertant mais terriblement juste et réaliste par rapport au monde. Il décrit avec perfection l’environnement dans lequel il se trouve à tel point qu’on ne peut s’empêcher de rire à certains moments.

Mais ce que j’ai adoré c’est qu’on mêle réalisme, humour et intrigue. Dans cette quête effrénée, on peut avoir peur, être pressé de savoir la suite et accompagner notre héros dans les Bois Sales jusqu’à se perdre avec lui au milieu de la forêt.

Note : ★★★★☆

Avez-vous déjà lu cet auteur ? Êtes vous tenté ? Dites-moi tout en commentaire 🙂

Léa

Le Soleil des Scorta – Laurent Gaudé

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Fiche PAC :

Livre : 2/6

Menu : Automne Douceur de Vivre

Catégorie : La feuille d’automne emportée par le vent, en rondes monotones, tombant, tourbillonnant.

Résumé  :

Parce qu’un viol a fondé leur lignée, les Scorta sont nés dans l’opprobre. A Montepuccio, leur petit village d’Italie du sud, ils vivent pauvrement, et ne mourront pas riches. Mais ils ont fait voeu de se transmettre, de génération en génération, le peu que la vie leur laisserait en héritage. Et en dehors du modeste bureau de tabac familial, créé avec ce qu’ils appellent « l’argent de New York », leur richesse est aussi immatérielle qu’une expérience,. un souvenir, une parcelle de sagesse, une étincelle de joie. Ou encore un secret. Comme celui que la vieille Carmela — dont la voix se noue ici à la chronique objective des événements — confie à son contemporain, l’ancien curé de Montepuccio, par crainte que les mots ne viennent très vite à lui manquer.

Avis :

Un véritable coup de coeur.

La découverte d’un écrivain que je ne suis pas prête de lâcher.

Un profond amour pour ce roman.

Je pense que mes mots ont été clairs (on ne peut mieux exprimer mon exaltation face à cette lecture) mais j’aimerais davantage développer tout de même.

Je ne connaissais que très peu Laurent Gaudé. Pour tout vous dire, j’ai découvert son existence lorsque mon frère a passé son bac de français. Après son examen, il nous dit que cela ne s’est pas très bien passé et qu’en plus personne ne connaissait cet auteur, un certain Laurent Gaudé. J’avoue que je ne connaissais pas non plus… Mes parents ont alors été réellement choqués : « Non mais quoi ? On a tous ses bouquins ! Venez voir dans la bibliothèque ». Effectivement, j’avais vécu avec tous les Laurent Gaudé sans même le savoir. Pour autant, je n’ai pas souhaité en lire tout de suite.

Cette année, lors du marathon des mots (je vous en ai parlé ici) à Toulouse, Laurent Gaudé était un des invités et faisait plusieurs manifestations dont une lecture du Soleil des Scorta. J’ai sauté sur l’occasion pour proposer à une copine qui est la fan n°1 de cet auteur de m’accompagner. Elle était ravie. Nous avons donc été au point de rendez-vous : la médiathèque de Colomiers. C’était un moment très poétique. Pour la première fois de ma vie, j’entendais un auteur lire son roman.

Don Giorgio nous a menés jusqu’au port et nous avons embarqué sur un de ces paquebots construits pour emmener les crève-la-faim d’un point à un autre du globe, dans de grands soupirs de fioul. Nous avons pris place sur le pont au milieu de nos semblables. Miséreux d’Europe au regard affamé. Familles entières ou gamins esseulés. Comme tous les autres, nous nous sommes tenus par la main pour ne pas nous perdre dans la foule. Comme tous les autres, la première nuit, nous n’avons pu trouver le sommeil, craignant que des mains vicieuses ne nous dérobent la couverture que nous nous partagions. Comme tous les autres, nous avons pleuré lorsque l’immense bateau a quitté la baie de Naples. « La vie commence« , a murmuré Domenico.

Carmela Scorta à Don Salvatore, Partie III, Le Retour des Miséreux 

Le moment était unique et très beau. Il choisi le chapitre où les enfants Scorta vont en Amérique. Lorsqu’il s’est arrêté de lire, j’ai de suite voulu savoir la suite. Je me suis alors, évidemment, achetée Le Soleil des Scorta (qui a gagné le Prix Goncourt).

Ayant plusieurs lectures en cours, je n’ai pas trouvé le temps de continuer cette magnifique lecture. Mais j’ai profité du Pumpkin Autumn Challenge pour le lire car sa couverture a des couleurs automnales. Je n regrette rien. Je crois même que c’est devenu un de mes romans préférés.

Le fil conducteur de l’histoire est le poids de l’héritage : financier et moral. L’importance de faire partie d’une famille et comment cette importance prend le dessus. Laurent Gaudé nous parle de cette famille qui s’est construite sur un malentendu. Une famille qui finalement n’aurait pas dû exister. Et pourtant, c’est ça qui fait leur force. Je me suis profondément attachée à la fille : Carmela Scorta. Elle est celle qui fait tenir cette lignée.

Laurent Gaudé utilise des mots italiens et nous fait voyager. Il parle des plats, des paysages, des odeurs. On se croirait vraiment avec eux. A tel point que par moment, j’avais le sentiment de faire partie, moi aussi, de cette famille.

En conclusion, je vous conseille fortement de le lire, je doute que vous soyez déçus. Vous aimerez et détesterez cette famille mais vous ne voudriez plus jamais la quitter. Je pense que Laurent Gaudé deviendra l’un de mes auteurs fétiches. Dès que j’aurais fini le PAC et le Roman des étudiants, je lirais un autre de ses romans.

Note : ★★★★★ x 1000

Vous l’avez lu et vous avez été aussi bouleversé que moi ? Ou alors il ne vous a pas fait cet effet ? Vous êtes tenté ? N’hésitez pas à me le dire en commentaire 😉

Léa

La vraie vie – Adeline Dieudonné

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Résumé :

C’est un pavillon qui ressemble à tous ceux du lotissement. Ou presque. Chez eux, il y a quatre chambres. La sienne, celle de son petit frère Gilles, celle des parents, et celle des cadavres. Le père est chasseur de gros gibier. La mère est transparente, amibe craintive, soumise aux humeurs de son mari. Le samedi se passe à jouer dans les carcasses de voitures de la décharge. Jusqu’au jour où un violent accident vient faire bégayer le présent. Dès lors, Gilles ne rit plus. Elle, avec ses dix ans, voudrait tout annuler, revenir en arrière. Effacer cette vie qui lui apparaît comme le brouillon de l’autre. La vraie. Alors, en guerrière des temps modernes, elle retrousse ses manches et plonge tête la première dans le cru de l’existence. Elle fait diversion, passe entre les coups et conserve l’espoir fou que tout s’arrange un jour.

Mon avis :

Vous avez sûrement entendu parlé de ce nouveau roman ! Mais oui ! Il y a beaucoup d’affiches publicitaires dans les métros et il est mis en avant dans les librairies. Si vous le cherchez, vous le retrouverez au coin « nouveautés ».

Pour ma part, je l’ai découvert dans l’émission la Grande librairie où l’auteure était invitée. Son roman était décrit comme la véritable pépite de la rentrée par François Brusnel. Que ce soit Amélie Nothomb, Joann Sfar ou Jérôme Ferrari, tous les invités étaient unanimes : c’était un roman coup de poing. Deux jours après, je me suis donc précipitée à la Fnac pour l’acheter et, surtout, parce que je voulais leur demander quand est-ce qu’on aurait la réponse du gagnant du Prix Roman Fnac 2018 pour lequel j’avais participé (le hasard fait bien les choses !). Mais personne n’était capable de me répondre… Bref, j’avais mon livre entre les mains et c’est ce qui comptait le plus.

Le lendemain matin, comme à mon habitude, je me suis levée vers 6 heures et j’en ai profité pour me plonger dans cette nouvelle histoire. Je ne l’ai pas lâché jusqu’à 9h, je l’ai lu d’une traite. Il est littéralement impossible de s’arrêter de le lire d’autant plus qu’il se lit très facilement et n’est pas très long (265 pages).

On se place dans la tête de d’une jeune fille sacrément brillante et courageuse (elle n’a pas de nom, ce qui permet de pouvoir s’identifier encore plus). Ca faisait d’ailleurs très longtemps que je n’avais pas lu un livre où le narrateur était un enfant. Le dernier en date était Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur de Harper Lee. C’est en lisant les paroles de  cette enfant qu’on se replace nous-mêmes à son âge et la vision qu’on pouvait avoir du monde. Ca faisait du bien de retrouver cet œil d’enfant plein d’espoir qu’on perd et oublie en grandissant. C’est là qu’on retrouve le génie de l’auteure qui arrive à entrer dans la peau d’une adolescente avec toutes les complexités qu’elle peut avoir, tous les espoirs et peurs qu’elle peut ressentir. L’exemple le plus frappant est celui de la hyène. Pour un adulte, cette peur pourrait paraître bégnine et infondée. En effet, ce sont des peurs d’enfant qu’on a parfois oubliées, qu’on ne comprendrait plus vraiment et pourtant Adeline Dieudonné arrive à décrire parfaitement une angoisse d’enfant et nous rappeler ces terreurs qui nous prennent aux tripes sans qu’on puisse les expliquer, elle se trouve être très fine dans ses descriptions (j’ai lu qu’Adeline Dieudonné avait déjà gagné un concours pour des nouvelles, je vais vite m’y plonger car j’ai adoré sa façon d’écrire).

En tout cas, on suit cette héroïne de ses 12-13 ans à 15-16 ans qui vit dans un milieu décrit comme violent et bestial.

A la maison, il y avait quatre chambres. La mienne, celle de mon petit frère Gilles, celle de mes parents et celle de cadavres.

Des daguets, des sangliers, des cerfs. Et puis des têtes d’antilopes, de toutes les sortes et de toutes les tailles, springboks, impalas, gnous, oryx, kobus… Quelques zèbres amputés du corps. Sur un estrade, un lion entier, les crocs serrés autour du cou d’une petite gazelle.

Malgré cet environnement peu propice au bonheur, à une enfance heureuse et épanouie, elle trouve un refuge dans les jeux avec son frère. Mais, un événement va faire basculer tout son petit équilibre. Dès lors, l’histoire commence vraiment car la quête de l’héroïne est de remonter le temps. C’est ce but qui va la faire grandir et qu’elle gardera en tête jusqu’à la fin du roman. Son regard sur le monde est transformé. Dorénavant, elle se sent différente des autres élèves, ne comprend pas leurs activités futiles. Elle se retrouve très isolée autant chez elle que dans son école.

A côté, elle reste tout de même une jeune fille qui connaît ses premiers désirs, ses premières déceptions et nous fait ressentir très justement tous ces sentiments parfois difficiles à définir qu’elle regarde d’un air parfois déconcerté.

Cette lecture est donc très enrichissante sur le plan personnel et émotionnel car en fermant le roman, on a ressenti beaucoup d’émotions : la peur, le rire, la tristesse, l’amour, le courage, etc.  Tout était bien mené, il ne manquait rien. Vous l’aurez compris, c’était un véritable coup de cœur pour moi.

Note : ★★★★★

Pour la petite histoire, on ne m’avait pas répondu pour la Fnac mais quelques jours après j’ai vu sur Twitter que la gagnante avait été Adeline Dieudonné pour ce roman !!! Je ne savais même pas qu’il avait été sélectionné pour le Prix Roman Fnac ! Je l’avais lu sans le savoir ! S’il m’avait été envoyé, je suis sure que je l’aurais choisi aussi comme gagnant. En tout cas, j’étais ravie qu’il ait remporté le prix, c’est amplement mérité.

Vous l’avez lu ? Vous en avez entendu parler ? Dites-moi tout en commentaire 🙂

Léa

La première fois que j’ai été deux – Bertrand Jullien-Nogarède

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Fiche PAC :

Livre : 1/6

Menu : Automne Douceur de Vivre

Catégorie : La feuille d’automne emportée par le vent, en rondes monotones, tombant, tourbillonnant.

Résumé  :

Le scooter de Tom nous emporta loin du monde. Mes bras entouraient sa taille et je laissais ma tête reposer doucement sur son épaule. Je ne crois pas avoir été plus heureuse qu’à cet instant. Juste une fille comme les autres. Il avait suffit qu’un anglais à cravate surgisse de nulle part pour que mes pieds ne touchent plus le macadam. J’étais vraiment folle amoureuse…

Avis :

Je ne connaissais pas ce livre et n’avais jamais entendu parler avant un concours lancé par @lectures_du_chatpitre sur Instagram. Sans trop réfléchir, j’ai tenté ma chance mais, je n’ai pas gagné… Cependant, j’ai quand même eu envie de me l’acheter et de lire. En plus, ça tombait bien car la couverture est jaune et correspond donc à une sous-catégorie de lecture du Pumpkin Autumn Challenge auquel je participe.

En lisant la quatrième de couverture, j’ai de suite cru qu’il s’agissait simplement d’une romance adolescente comme j’avais pu lire plus jeune. Je me suis dit que ça me ferait du bien cet été de me plonger dans une histoire d’amour. Or, je m’étais trompée, le livre est bien plus qu’une simple amourette de deux jeunes tourtereaux.

Le roman est au point de vue interne, celui de Karen. Lycéenne en banlieue parisienne, douée à l’école, lectrice, écrivaine, timide et réservée, elle est accompagnée par ses deux acolytes : Jonathan, passionné de rock et Mélanie, passionnée par les garçons. Pas vraiment intéressée par l’amour, Karen préfère les livres et l’écriture. Chez elle, le prébystère, c’est une véritable maison-livre.

Un jour, elle se retrouve face à un nouvel arrivant dans la classe : le beau britannique Tom. Tom est décalé, stylé et se trouve être un incollable du rock anglais des années 70-80. Ils vont se chercher et rapidement avoir des sentiments l’un pour l’autre. Ce que Karen essaye de se refuser car elle a peur de l’amour, peur des couples dont elle ne connaît que des échecs. En effet, sa mère a été abandonnée par son père et Karen ne l’a jamais connu. Mais elle ne peut contrôler ses sentiments et on peut le ressentir dans la manière de penser de Karen. Avant de rencontrer Tom, elle est très détachée dans sa manière de voir le monde, son entourage et peut être même très crue ! Pourtant, dès qu’elle rencontre ce fameux Anglais, elle devient très douce dans ses paroles même si elle reste toujours aussi sceptique par rapport aux couples.

Malgré sa réticence à l’amour, les deux amoureux se comprennent, se font découvrir mutuellement leurs cultures et notamment Tom qui transmet à Karen sa passion pour le rock et l’Angleterre. Il lui fera visiter des lieux incontournables de Londres qui donnent envie d’y retourner et lui fera écouter des musiques et dont les couplets sont souvent cités. C’est une véritable balade musicale, touristique et littéraire pour lecteur qui est dans un état de découverte lui aussi. C’est d’autant plus agréable que Bertrand Jullien-Nogarède liste à la fin de l’ouvrage la playlist de Tom et la PAL de Karen. Je pense qu’il faudrait même le relire avec les chansons en fond pour encore plus apprécié l’ouvrage (et être à Londres aussi quitte à y être !).

Enfin, ce qui m’a plu c’est que l’histoire ne se dénoue pas comme on pourrait le penser et imaginer. L’auteur nous surprend et rend finalement le roman plus réaliste et donc peut toucher davantage de personnes. Il ne veut pas nous vendre « l’histoire parfaite du premier amour ». Il nous le décrit avec les complexités, les doutes et les forts sentiments d’une première relation amoureuse même si j’ai eu envie de rassurer Karen et lui dire de ne plus réfléchir!

En conclusion, je vous recommande de le lire si vous avez envie de replonger dans les fortes émotions ressenties lors d’un premier amour et si vous êtes comme moi un fan de l’Angleterre ou du rock anglais, vous serez comblé !!

Note : ★★★★☆

Vous l’avez lu ? Vous êtes tenté ? N’hésitez pas à me le dire en commentaire 😉

Léa

Chanson douce – Leïla Slimani

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Résumé :

Lorsque Myriam, mère de deux jeunes enfants, décide malgré les réticences de son mari de reprendre son activité au sein d’un cabinet d’avocats, le couple se met à la recherche d’une nounou. Après un casting sévère, ils engagent Louise, qui conquiert très vite l’affection des enfants et occupe progressivement une place centrale dans le foyer. Peu à peu le piège de la dépendance mutuelle va se refermer, jusqu’au drame.

Mon avis :

Noël 2016, mes parents m’offrent ce livre. J’en avais déjà entendu parlé vu qu’il avait remporté le prix Goncourt mais étant en pleine période de partiels, je n’y avais pas réellement prêté attention. Pendant que je lisais la quatrième de couverture, mes parents me disent qu’ils ont tout de suite pensé à moi car il s’agit d’une avocate qui embauche une babysitter et je suis actuellement en master 2 de droit et travaille à côté en tant que nounou. J’ai été touchée mais j’ai vite déchanté en lisant la première phrase du roman :

Le bébé est mort.

Aussi simple que ça : sujet verbe complément. [Ça ne vous rappellerait pas par hasard un certain roman qui commence par : « Aujourd’hui, maman est morte. » Bref, ce n’est pas le sujet mais ce sont, en tout cas, deux livres que j’ai beaucoup aimés.]

J’espérais donc ne pas avoir la même vie que ces personnages !

Avec cet incipit brut, Leïla Slimani nous dévoile la chute et je m’étais dit que ça pouvait être à double tranchant : soit très décevant car on connaissait déjà la fin soit génial car elle saurait rendre l’histoire intéressante car le reste du récit est une analepse qui nous amène jusqu’au jour du drame. En tout cas, ça avait piqué ma curiosité. J’ai donc commencé à lire le livre à 10 heures un dimanche pour le finir à 16 heures…

C’est d’abord l’histoire d’une famille bobo parisienne où, après la naissance de leur deuxième enfant, la mère veut retrouver son travail d’avocate. Or, son mari est monopolisé par son travail et il faut donc engager une nounou pour s’occuper des deux enfants. Ils font un casting et tombent sur Louise. Ils sont de suite conquis et l’engagent. Elle a tout pour faire une bonne babysitter et n’importe quel parent en serait ravi mais, peu à peu, la dépendance s’instaure : elle part en vacances avec eux, elle reste dormir et finalement, ils ne peuvent plus s’en passer et c’est Louise qui passe la plupart de son temps avec les enfants. On le voit dans le récit où les parents sont quasi-absents. Et petit à petit, tout devient gênant : la baby-sitter omniprésente, les parents absents, leur dépendance, etc.

Leïla Slimani a su instaurer cette gêne, cette oppression. Je me souviens l’avoir lu et m’être sentie tellement dérangée (cf. la scène du poulet pour ceux qui l’ont lu) que j’ai du poser le livre quelques minutes. Ce qui est étonnant c’est qu’on connaît très peu de choses sur cette femme, Louise, et ça en devient insupportable. Peu de livres m’ont mise dans des états comme ça. On remet en question nos perceptions et les images que les gens nous renvoient. Car c’est bien ça dont il est question ici : quelle image reflète-t-on aux yeux des autres ? Ce qui m’a fait peur c’est que cette Louise est totalement dérangée et elle le cache si bien même si l’autrice nous dévoile, par des actes, sa folie. Et, finalement, on se dit qu’on aurait pu facilement se retrouver à la place des parents.

J’ai donc été conquise et emprise par le livre. Mais passé cette euphorie, j’ai été déçue à la fin. J’ai été laissée avec un goût amer. Je n’ai aucune réelle explication mais c’est une sensation. Peut-être parce qu’on reste sur des questions, peut-être que même en sachant la fin, je m’attendais à autre chose inconsciemment..? Je n’en sais rien. Finalement, je m’étais trompée ce n’était ni totalement décevant ni totalement génial. Ce qui est dommage car j’ai trouvé ça génial jusqu’à ma déception à la fin.

En attendant, je conseille ce livre malgré la déception finale car on en devient addict dès les premières pages et que surtout il vient de sortir en format poche !

Note : ★★★☆☆

Vous l’avez lu ? Si oui, avez-vous ressenti cette déception aussi ? Je serais ravie de lire vos commentaires 😉

Léa