Premières lignes #1

Bonjour tout le monde !

Après m’être lancée dans le C’est lundi, que lisez-vous ?, je débute le rendez-vous Premières lignes que j’ai aperçu sur le blog Les lectures d’Emy.

Initié par Ma Lecturothèque, il consiste à, chaque semaine, prendre les premières lignes du livre que nous sommes en train de lire et les écrire sur son blog afin de les faire partager aux autres lecteurs.

Je trouve ce concept vraiment intéressant car l’incipit est une des choses les plus importantes du livre : les premières impressions du lecteur se forgent, il voit si l’écriture lui plaît, il peut commencer en librairie afin de savoir s’il achète ou non et il en apprend déjà beaucoup sur sa lecture. Aussi, au collège et lycée, nous étudiions beaucoup cette question de l’incipit, cela m’a donc toujours fasciné.

Voici donc mes premières lignes… !

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1

Il n’y avait rien. Et ce rien était le tout. Le tout et le rien se mêlaient l’un à l’autre et se confondaient l’un avec l’autre.

Il n’y avait pas d’étoiles. Il n’y avait pas de nuages. Il n’y avait ni arbres, ni ruisseaux, ni coccinelles, ni guerriers. Il n’y avait pas de paroles. Ni de rêves. Il n’y avait pas de formes, il n’y avait pas de couleurs et il n’y avait pas de musique. Il n’y avait même pas de sphères. Ni de passé. Ni n’avenir. Et il n’y avait pas de nombres. Il n’y avait rien.

Pour donner une idée de ce rien qui était tout, il faudrait une nuit obscure. Un silence complet. Un vide absolu. Quelque chose comme une page blanche où la page et le blanc et, bien sûr, l’oeil pour les voir seraient encore de trop.

Une nuit, un silence, un vide – ne parlons même pas de la page blanche – ne peuvent donner qu’une idée très imparfaite du néant avant l’univers et avant le mur de Planck. Supprimez les êtres vivants, les choses, le Soleil et la Lune, les étoiles jusqu’aux couleurs et aux sons, jusqu’à l’air qu’on respire, jusqu’aux ondes et aux atomes, faites le vide et le noir sans la moindre lueur et sans le moindre bruit – il restera toujours quelque chose : il restera l’espace et ce fantôme sans chair et sans os, sans la moindre présence et pourtant implacable, que nous appelons le temps.

Avant le monde et son train, il n’y avait pas d’espace et il n’y avait pas de temps. Il y avait bien quelque chose : c’était l’éternité. L’éternité se confondait avec le tout et avec le rien.

Jean d’Ormesson, Comme un chant d’espérance

9 réflexions au sujet de “Premières lignes #1”

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